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Écrit et réalisé par JIM JARMUSCH – États-Unis, 2016 

Avec ADAM DRIVER, GOLSHIFTEH FARAHANI

Durée : 1 h 58 min

SYNOPSIS : Paterson, un chauffeur de bus d’une trentaine d’années, vit à Paterson dans le New Jersey, cette ville des poètes. Il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme, et de Marvin, un bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

LA FICHE TECHNIQUE IMDb

« UN CINÉ-POÈME »

Présenté à Cannes en 2016, Paterson fut clairement annoncé, dans l’enthousiasme général, comme l’objet rimbaldien du festival. Le film du réalisateur américain est incroyable. Il évoque l’écriture lyrique et la vie avec une sérénité et une élégance suprême. J’ai été impressionné par la facilité avec laquelle Jim Jarmusch parle de la poésie alors qu’elle paraît si difficile à mettre en scène objectivement. En magicien du langage, il établit un nouveau rapport entre le film et le spectateur. Il met en évidence son travail sur le mot poétique. Comme le fait un poète, Jarmusch veut transmettre à son récepteur sa manière d’interpréter le monde par les mots. En cela, il est un novateur du discours poétique au cinema.

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Le protagoniste, un chauffeur de bus d’une trentaine d’années (Adam Driver), porte le nom de la ville où il habite : Paterson dans le New-Jersey. Cette ville éponyme fut celle du poète moderniste William Carlos William pour qui, Paterson, en amateur de poésie, éprouve une admiration fervente. Chaque matin, il se réveille aux côtés de sa femme, Laura (Golshifteh Farahani) avant de partir au travail. Puis il parcourt les rues bordées d’immeubles ouvriers en briques rouges. Au volant du bus, stationné dans le dépôt, il écrit des mots puis des phrases au sujet d’une simple boîte d’allumettes. En parcourant la ville, il voit et entend des bribes des conversations de certains passagers. Le récit s’écoule sur une semaine. Il est la répétition des gestes du quotidien. Mais si les habitudes se ressemblent, elles sont en réalité très différentes. Cela est dû au travail de la mise en scène sur l’atmosphère et le monde alentour. Au fil des jours de la semaine, je m’interrogeais sur la capacité du film à mettre en scène la pensée poétique du protagoniste. Le texte apparaît souvent à l’écran sous la forme d’un montage de lettres blanches en sur-impression mais au delà du côté technique, le film parvient à retranscrire tout ce qui ne se dit pas mais se ressent. Il ausculte le comportement, la pensée subjective, et procure des sensations très justes.

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Paterson donne envie d’être devant une feuille blanche et de réfléchir, la plume à la main. C’est exactement ce à quoi il invite. Il montre aussi le pouvoir d’inspiration fascinant qu’ont les choses les plus simples comme un banal paquet d’allumettes. Elles sont souvent à l’origine de poèmes d’amour bouleversants. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire  les poèmes de Paterson. Et comme le confie le protagoniste à une petite fille croisée dans la rue, ils sont construits sur une association de rimes libres qui donne une immédiateté des impressions du poète. Il faut écrire à l’instinct, sans réfléchir. Les mots n’en sont que plus simples et sont l’expression d’une émotion personnelle intense. De manière plus générale, l’écriture du film oscille admirablement entre la réalité (les facultés du langage) et la fiction (l’imagination).

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Au delà de son invitation au lyrisme poétique, Paterson est également un film sur la routine. Il crée de subtiles scènes de ménage notamment avec Marvin, un bouledogue anglais jaloux de la relation de Paterson avec sa femme. Il lui en fait voir de toutes les couleurs. Ces scènes sont des parenthèses amusantes qui nous rappellent constamment l’image poétique du film en adoptant exclusivement le point de vue de Paterson.
Jim Jarmusch signe l’un de ses meilleurs films. Il réussit parfaitement à faire l’éloge de la poésie au cinéma. Il m’a rappelé mon enfance et mes cahiers de poésies composés comme des recueils. J’ai très envie de m’y replongé.
– R.P     

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7 réflexions sur “PATERSON

  1. J’ai trouvé le film plutot maitrisé et bien joué. Hélas, je ne suis que tres peu sensible a la poésie ce qui m’a rendu la trame assez lassante. Mais la photo et la narration est tres belle, ce qui m’a fait tenir jusqu’au bout!

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